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Kermès

Morts sur la route

La caméra va empêcher ce routier qui en est à son troisiéme pays de la journée de se rabattre sur votre R5

 

Note: les chiffres présentés ici ne viennent pas des association de sécurité routière, étant donnée leur propension à choisir l'aspect le plus à même de leur plaire dans les chiffres, choisissant entre mortalité/nombre d'accident causés/nombre de blessés selon le chiffre le plus haut de chaque cause et oubliant de citer les facteurs multiples.

 

J'en suis bien marri, car les chiffres fournis ici me permettrait de justifier un holocauste envers les platanes causant tant de morts ainsi qu'une suppression des clignotants et autres règles de priorités, leur non-respect n'entrainant apparemment aucun accident.
Les gouvernements successifs qui veulent vos PV votre bien ont décidé de passer le nombre de morts sur la route en France à moins de deux-milles personnes par an.

 

 

Cette idée qui semble bien logique, il est en effet généralement reconnu que mourir c'est pas super sympa, est aussi démagogique (un peu), bête (un peu) et très mal mise en œuvre si l'on suppose que le but premier est la réduction des morts et non l'augmentation du montant des amendes.

 

 

Tout d'abord l'aspect démagogique, on joue sur la peur (de la mort) des gens. C'est simpliste et bête de dire : si tu roule trop vite tu vas mourir. Tout d'abord c'est faut, les morts à bord de voitures individuelles ne représentent "que" 53% des décès routiers pour un mode de transport routier de passagers dominant de très loin les autres. Et même avec ça, les morts d'accidents de transports ne représentent que 8 morts sur mille en France.

 

Une formule plus honnête serait "si tu conduis comme un gland tu risque de tuer un inconnu à pieds ou en deux roues". Et cette formule occulterais toujours les survivants d'accidents de la route restés handicapés à vie, ceux passant un temps parfois très long à se remettre de leurs blessures et autres réjouissances.

 

Toujours dans le même aspect, cette formule idiote, "la vitesse tue". D’ailleurs le TGV est un charnier roulant. Si l’arrêt brutal dans un arbre est plus douloureux toutes choses égales par ailleurs à 80 km/h qu'à 30km/h et redevient indolore passé un certain seuil, mieux vaut rencontrer cet arbre attaché à bord d'une berline récente que buste libre dans une diane. Et le mieux reste encore de ne pas prendre de cours de botanique express.

 

Ce qui est bien pratique c'est que justement il y a des routes qui semblent faites pour cela, des routes où en plus le risque de croiser un cycliste ou un piéton est assez minime.
Je parle bien sur de nos autoroutes, fierté de la France, surtout pour les péages.
D'ailleurs c'est bien étonnant, mais ce sont des routes fort peu accidentogènes, grâce en soit rendue aux radars que nos braves pandores y installent au milieux des lignes droites et en bas des descentes après les virages.

 

Mais même en dehors de ces routes, les informations délivrés par les lobbies*** qui nous veulent du bien et par les rapporteurs télévisés sont pour le moins biaisés.

 

Rarement il est fait état de la mortalité par type d'axe. Quand cela est fait, n'espérez pas entendre parler de km/passager ou de km/véhicule.
N'espérez pas non plus entendre parler de causes d'accident autres que la vitesse l'alcool et parfois la fatigue. L'erreur de conduite, la bêtise, les malaises, les mauvais aménagements n'existent tout simplement pas.

 

Les systèmes non répressifs permettant de prévenir les accident ou de réduire leurs conséquences ne sont que rarement évoqués.
Pourtant il y en a de tels systèmes. Par exemple, des marquages au sol ou des arbres bien placés, peuvent accentuer la sensation de vitesse, poussant les conducteurs à ralentir de façon inconsciente.
Des bas cotés en terre plutôt que des glissières, et vous sauvez quelques motards.
Les véhicules eux mêmes en font partie. Comme dit plus haut, certaines voitures vous laisseront avec des bleus, là où d'autres vous enverront au cimetière. Un motard chutant en chemise regrettera de ne pas avoir de dorsale.

 

Et enfin vous n'entendrez pas parler d'éducation. Enfin si. Une éducation au bâton, car après tout, les français sont des veaux.
Et pourtant, parler de ce qui fait les accidents, de ce qui les rend graves est bien plus utile si le but est de limiter les drames.
Si la peur du gendarme est la seule motivation, dés que celui-ci n'est pas là, le naturel revient au galop. Alors que si les comportements appropriés sont adoptés de façon volontaire, les agents pourront s'en aller vers d'autre missions que celle de poser des radars au bout des lignes droites.

 

Finalement, si l'on veut lutter contre les morts évitables, faisons le de façon efficace. Interdisons le tabac et l'alcool grands pourvoyeurs de cancers et de maladie cardiovasculaires, les suicides deux fois plus mortifères que les routes et finalement les grossesses, pourvoyeuses de futurs morts.
Si le but est de flatter quelques ministres et lobbyistes et d'engranger des PV**, continuons comme maintenant. Voir en innovant, en ne comptant plus comme morts sur la route que les gens morts effectivement "sur" la route*

 

*technique déjà utilisée en partie, si vous mourrez de vos blessures au bout d'une semaine, c'est n'est pas une mort sur la route

**C'est apparemment le cas, le bilan du ministère de l’intérieur n'indiquant qu'un nombre de PVs, sans indiquer les dégâts humains évités

***comprendre groupe d'influence, composante normale du processus démocratique français, pas complot

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